Pierre Clemens at Gallery Nadine Feront ! / Artfox.eu

posted in 2016

Pierre Clemens at Gallery Nadine Feront ! / Artfox.eu

See complete portfolio : Code name

Pierre_Clemens_Expo_Code_Name_2016_Galerie_Nadine_Feront_BrusselsWriting last year for Pierre Clemens’ “Levity” solo exhibition at Nadine Feront Gallery, I had emphasized that landscapes, besides their visual beauty, are dynamic “ensembles” where time, nature, human action and ideas as well as social and economic reality interact. Their impact upon the beholder is visual, but also sensual – they bring into a seemingly coherent knot the incommensurable, encompassing even the body of the viewer. In “Levity”, Pierre Clemens’ work had explored this sensual and physiological dimension of landscape, the artist using optical techniques to translate this complex phenomenon and produce a similar impact.

Looking at Pierre’s new work, in particular the series of canvasses presented in “Code Name”, I was, at first, confused at what appeared to be a radical shift. Clemens, of course, has used language in his work before – in 2012, Nadine Feront Gallery presented, as part the “Snapshot” group show, one of his language piece where Clemens used “porte-manteau words”, geometrically combined to produce an optical effect. I had immediately liked this work for its radical proposal: that landscapes are also ideas – an accumulation of facts, actions and desires, woven together to produce a vibrant whole.

Yet, discovering his new work was a shock: although the artist has returned to using “porte-manteau words”, they are not systematically used to produce an optical effect. Rather, they offer a form of saturation, as if the concept-words rolled out on an overloaded screen. It brought to my mind the image of lines of binary code, as if the words, linked together and compressed, lost their readability and individual meaning to become something else altogether.

And indeed, if we follow this metaphor a little further, we are reminded that the vast majority of images we contemplate everyday on our TV and computer screens are not monolithic, but the result of a fusion of signs. They are code. They are in themselves an optical effect.

The landscape that most prominently features in our daily lives today is not a pleasantly aesthetic ensemble occurring in a natural setting, but the split vision of a world made of separate news reports, linked together in a never-ending chain, producing a panorama of our world upon which we gaze. It is a mindscape constructed out of separate and multiple screens, where images occur. It is complex, it can be confusing, yet it always insists upon its own coherence, leaving us to reconcile the irreconcilable. Most importantly, the seemingly smooth images that nourish this flow are not what they pretend to be.

Beneath their surface, an ebullition of algorithms combine a series of signs to produce what we see.

Like landscapes, every image is layered – it is the result of calculated combination and accident. What is before us always possesses greater depth than what we perceive. Yet these images form the matrix of our perception and hence understanding of the world. The merit of Clemens’ work is to remind us of this radical truth: that our representation of reality, however accurate it pretends to be, is ultimately a fantasy of reality, the reflection of our desire for reality. Beneath the image are the layers that constitute it, with their vibrant and interwoven threads, each signaling a different idea and desire of what is or should be, each insisting upon its own validity – all ultimately coming together to produce our collective representation of what is.

source (fr) : http://www.artfox.eu/News/Detail/Pierre-Clemens-chez-Galerie-Nadine-Feront-123

Pierre_Clemens_Expo_Code_Name_2016_Galerie_Nadine_Feront_BrusselsEcrivant l’année dernière pour « Levity », exposition solo de Pierre Clemens à la Galerie Nadine Feront, j’avais souligné que les paysages, outre leur beauté visuelle, sont des ensembles dynamiques où le temps, la nature, l’action et la pensée humaine ainsi que la réalité économique et sociale interagissent. Leur impact sur celui qui les contemple est visuel, mais il est également sensuel – ils rassemblent en un nœud apparemment cohérent l’incommensurable, englobant le corps du spectateur lui-même. Dans « Levity », l’œuvre de Pierre Clemens avait exploré cette dimension sensuelle et physiologique du paysage, l’artiste usant des techniques de l’Op Art pour traduire ce phénomène complexe et produire un impact sur le corps du spectateur.

En regardant les nouvelles œuvres de Pierre, en particulier la série de toiles présentées à l’occasion de « Code Name », j’ai été, dans un premier temps du moins, désorienté face à ce qui semblait un tournant radical. Bien sûr Clemens a utilisé des éléments de langage dans son travail auparavant – en 2012, la Galerie Nadine Feront avait présenté, dans le contexte de l’exposition collective « Snapshot », l’une de ses œuvres-langage dans lesquelles Clemens utilise des « mots-valises », combinés de manière géométrique pour produire un effet optique. J’avais immédiatement apprécié cette œuvre pour sa proposition radicale: que les paysages sont aussi des idées – une accumulation de faits, d’actions et de désirs, cousus les uns aux autres pour produire un tout vibrant.

Cependant, la découverte de ses nouvelles œuvres fut un choc: bien que l’artiste soit revenu à l’utilisation de “mots-valises”, ceux-ci ne sont pas systématiquement utilisés pour produire des effets d’optique. Plutôt, ils offrent au regard une forme de saturation, comme si les mots-concepts se déroulaient sur un écran surchargé. Ceci m’a rappelé des lignes de code binaire, comme si les mots, liés ensemble et comprimés, avaient perdu leur lisibilité et leur signification individuelle pour devenir quelque chose de tout à fait différent. En effet, si nous accompagnons cette métaphore, il nous est rappelé que la vaste majorité des images que nous contemplons tous les jours sur nos télévisions et autres écrans d’ordinateur ne sont pas monolithiques, mais le résultat d’une fusion de signes. Elles sont codées. Elles sont en elles-mêmes des effets d’optique.

Le paysage le plus proéminent aujourd’hui et qui s’impose chaque jour dans l’intimité comme dans les lieux publics n’est pas un ensemble esthétiquement plaisant qui survient dans un cadre naturel, mais une vision du monde en écrans partagés, faite de flashs d’information ponctuels, liés ensemble en une chaîne ininterrompue, produisant un panorama de notre monde auquel nous sommes systématiquement confrontés. C’est un paysage mental construit sur base d’écrans multiples et séparés, où surviennent des images. Ce paysage est complexe et même confus, et cependant il insiste toujours sur sa propre cohérence, nous laissant réconcilier l’irréconciliable. Plus important encore, les images apparemment polies qui nourrissent ce flux ne sont pas ce qu’elles prétendent être. Derrière leur surface, une ébullition d’algorithmes combine une série de signes pour produire ce que nous voyons.

Comme les paysages, chaque image est composée de couches successives – elle est le résultat d’une combinaison calculée et aussi d’accidents. Ce qui est devant nous possède toujours une plus grande profondeur que celle que nous percevons. Toutefois ces images forment la matrice de notre perception et donc de notre compréhension du monde. Le mérite d’œuvre comme celles présentées dans « Code Name » est de nous rappeler une vérité radicale : que notre perception de la réalité, quelle que soit sa prétention à être exact, est in fine un fantasme de réalité, le reflet de notre désir de réalité. Sous la surface de chaque image sont les couches qui la constituent, avec leur fils vibrants et entremêlés, chacun signalant une idée et un désir différent de ce qui est ou devrait être, chacun insistant sur sa propre validité – au final, tous rassemblés pour produire notre représentation collective de ce qui est.

source : http://www.artfox.eu/News/Detail/Pierre-Clemens-chez-Galerie-Nadine-Feront-123


Gallery Nadine Feront Writing last year for Pierre Clemens’ “Levity” solo exhibition at Nadine Feront Gallery, I had emphasized that landscapes, besides their visual beauty, are dynamic “ensembles” where time, nature, human action and ideas as well as social and economic reality interact. Their impact upon the beholder is visual, but also sensual – they bring into a seemingly coherent knot the incommensurable, encompassing even the body of the viewer. In “Levity”, Pierre Clemens’ work had explored this sensual and physiological dimension of landscape, the artist using optical techniques to translate this complex phenomenon and produce a similar impact.